C’est aujourd’hui que nous commençons à manger le poisson des autres Contexte: Dans les semaines à venir, plusieurs États membres de l’UE vont atteindre leur jour de dépendance à l’égard du poisson. Il s’agit du jour de l’année audelà duquel l’État devient théoriquement dépendant des produits de la mer provenant d’eaux non communautaires. Pour l’UE, le jour de dépendance à l’égard du poisson est fixé au 2 juillet 2011. (Paris, 13 juin 2011) – Un rapport publié ce jour par la nef (new economics foundation) et OCEAN2012 montre que si les Français mangeaient uniquement le poisson pêché par leur bateaux dans les eaux européennes ou issus d'élevages français, ils arriveraient à court de poisson le 13 juin et commenceraient à dépendre des poissons et fruits de mer du monde entier à partir du 14 juin, en se basant sur leur consommation actuelle. Le rapport intitulé "Fish Dependence: The increasing reliance of the EU on fish from elsewhere" révèle dans quelle mesure les États membres de l’UE importent du poisson en exportant et/ou en encourageant la surpêche. Les stocks halieutiques sont une ressource renouvelable ; pourtant, selon les chiffres de la En France, le jour de dépendance à l’égard du poisson survient bien plus tôt que pour l’UE dans son ensemble : le 13 juin pour l’une contre le 2 juillet pour l’autre. « L’UE dispose des zones de pêche les plus vastes et parmi les plus riches au monde, mais nous ne sommes pas parvenus à les gérer de manière responsable. Afin de satisfaire notre appétit toujours plus insatiable pour les produits de la mer, la surpêche est désormais encouragée dans d’autres parties du monde, » a indiqué Stéphan Beaucher, conseiller politique sur la PCP pour OCEAN2012. « Pour mettre un terme à cette tendance désastreuse, il faut de toute évidence rétablir le bon état des stocks halieutiques européens en les ramenant à des niveaux où ils peuvent être pêchés de manière durable, et consommer uniquement les produits que nous pouvons pêcher sans problème. » « La France, à l’instar de l’Espagne, occupe le haut du classement des pays pêcheurs de poisson de l’UE. Il est dommage que la volonté de la France de garantir l’avenir des stocks halieutiques ne soit pas à la hauteur de son appétit pour les produits de la mer, » a déclaré Rupert Crilly de la nef/OCEAN2012 et coauteur du rapport. « Ce rapport montre de quelle manière les États membres de l’UE, suite à l’échec de la gestion de leurs propres stocks halieutiques, prélèvent désormais du poisson hors de leurs frontières plutôt que de chercher à remettre en état leurs propres stocks halieutiques. En consommant plus de poisson que les eaux de l’UE ne peuvent en produire, nous jouons avec l’avenir des stocks halieutiques et des communautés dépendant de la pêche. Nous mettons en péril des emplois et des moyens de subsistance tant au sein de l’UE qu’audelà, a ajouté Rupert Crilly de la nef/OCEAN2012 et coauteur du rapport. « La crise bancaire nous a montré le danger qu’il y a à vivre audelà de nos moyens financiers. Un danger plus grand encore consiste à vivre audelà de nos moyens environnementaux. La bonne nouvelle, c’est que la réforme de la politique commune de la pêche de l’UE peut nous permettre de renverser cette situation. » Le rapport indique que : « Ce rapport souligne le fait que, si l’on veut des poissons et fruits de mer issus d’une production durable, nous devons nous assurer que les décideurs politiques adoptent et mettent en oeuvre une politique de la pêche responsable. La réforme de la politique commune de la pêche de l’UE doit garantir la viabilité de la pêche européenne au lieu d’importer des quantités toujours plus importantes de poisson 1. À propos de la nef 2. À propos d’OCEAN2012 |
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