La Mauritanie vient d'annoncer qu'elle suspendait l'interdiction de chalutage en boeuf, afin de booster l'attractivité de ses eaux térritoriales vis à vis des armements brittaniques qui bénéficient des accès liés aux accords ACP (Afrique Caraïbes, Pacifique) de l'Union Européenne. Cette mesure s'adresse plus particulièrement aux chalutiers qui travaillent maquereau, chinchard, sardines et sardinelles au large de la côte nord ouest africaine et utilisent des système de régrigération à l'eau de mer (technologie RSW*). Lors du renouvellement de l'accord de pêche entre l'Union européenne et la Mauritanie (2006) la pêche des petits pélagiques au large des côtes mauritaniennes était l'apanage exclusif des chalutiers congélateurs. Une extension a été mise en place pour ouvrir la pêcherie aux chalutiers RSW irlandais et écossais. Cependant cette extension avait eu des impacts limités, principalement en raison de l'interdiction du chalutage en boeuf, la méthode privilégiée par les chalutiers RSW. Le Ministre mauritanien de l'époque avait insisté sur le fait que, conformément à l'avis de la FAO, l'interdiction serait maintenue afin de protéger les stocks démersaux. Mais c'était sans compter sur son successeur qui vient de déclarer qu'il allait autoriser le chalutage en boeuf, "après avis scientifique et légal" a-t-il affirmé. Pour faire pression sur la décision mauritanienne, la Commission a tapé là où elle savait pouvoir obtenir gain de cause, c'est-à-dire au portefeuille. Elle a plaidé le "manque à pêcher" des chalutiers écossais et Irlandais et a menacé de reduire le périmètre financier de l'accord (86 millions d'Euros par an) au pro rata de ce "manque à pêcher" . On connaît la suite… Une collusion inadmissible On a appris depuis que simultanément au travail diplomatique européen et en appui aux menaces de réduction, l'agent mauritanien de l'armement irlandais Atlantic Dawn, qui a pêché en 2008 avec deux chalutiers RSW transbordant leurs captures à bord du bateau usine Ocean Fresh, avait très fortement poussé à la roue pour que le Ministre lève l'interdiction du chalutage en boeuf. On a ainsi un cas de plus dans lesquels on ne sait plus très bien distinguer ce qui relève de la décision politique et de la stratégie d'entrepris. Qui a servi de courroie de transmission à qui? Toujours est il que cette décision vient à point nommer pour les armateurs qui trouvent là un débouché pour faire pêcher 150 000 TJB en pleine crise de surcapacité. Et c'est là tout le problème : Par le biais des acocords ACP on exporte notre surcapacité chronique… Quelle piètre idée des rapports nord-sud se font nos fonctionnaires européens pour envisager ainsi de taper au portefeuille un des pays les plus pauvres de la planète! * RSW : Refregirated SeaWater Sources
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